ACCUEIL

VIBRE LA VIE

PARCOURS DU PEINTRE

DESSINS

TEXTES CALLIGRAPHIES ILLUSTRES

PEINTURES

Articles de PRESSE

LIVRE D'OR



Vibre la vie…   
(le dernier envol)



        Le vingt-et-un décembre 2009, une heure environ avant le solstice d’hiver,
en plein délit de projets euphoriques et de bonheur de  convalescent, l’incident.
        L’incompréhension
        La porte qui s’ouvre sur le vide.
        Un tressaillement en réalisant l’inévitable
        Une grimace de mauvaise humeur pour lui-même
        Perso     
        Puis, bien assis, les yeux grands ouverts, vissés pour « l’Eternitude »
dans les yeux bien vivants de sa Mie Commère comme pour l’emmener avec lui
et laisser de lui autant qu’il le pouvait chez les vivants, il est parti, affronter seul
le Haut de Là d’où l’on vient et où l’on va.
       

        Les cendres d’Henry sont parties avec le vent.
        On ne pouvait pas l’attacher, l’enfermer, surtout pas l’enterrer -
Nul n’a le droit de lui faire ça –
        Libre
        Laissons-le libre jusqu’au bout
        Il n’appartient à nulle part, ni à personne
        Il est de ces êtres faits d’air, de lumière - celle du soleil surtout –
        Il rêvait d’espace, de flottement aérien, cosmique ;
        De grandes balades en Tapis Volant, en dirigeable…
        « Pourquoi, disait-il, ne peut-on nous laisser, exposés au vent, au soleil,
avec les grands oiseaux qui viendraient chacun prendre une becquée avant de
s’envoler très  haut ? »
        Laissons-le régler sa mort comme il a réglé sa vie.
        Perso.
        Libre.

        Il nous a tous touchés de sa grâce, de son élégance tranquille et discrète,
nous qui avons eu la chance de le côtoyer, ou simplement de le rencontrer.
Il émanait de lui une gentillesse immense, de fond, non possessive, douce et légère comme un coup de pinceau ; et pourtant, en temps de défit, il montrait
un courage sans faille, obstiné, affronté bien droit, yeux grands ouverts, sans sourciller, petit bonhomme vulnérable et pourtant indestructible.
        Et s’il savait se déchaîner pour nous faire rire, s’il adorait fêter pleinement
une rencontre, un événement, il y avait toujours chez lui un aspect insaisissable,
un refuge ultime où personne ne pouvait le rejoindre.
        « Perso », disait-il.

        On ne peut se le rappeler sans sentir vibrer en nous cet insatiable appétit
de vie qui l’habitait. Merlin de sorte, il distribuait en rigolant ses potions
pour bonne humeur  garantie, charmant ses victimes en un clin d’œil ravageur.
Avant qu’on le sache,  il s’était si bien entortillé à  l’intérieur de nous-même
qu’on n’arrivait plus à s’en défaire.
        D’ailleurs, qui le voudrait ?
        Il est partout ; partout…
        Vous ne le sentez pas ?
        Vous ne l’entendez pas ? Cet éclat de rire…

        Vibre, vibre la vie…





Claude Bouix – 9 janvier 2010  


Créer son site | Carte de voeux | Sites Wifeo | carte virtuelle | Lettre résiliation | Remerciement mariage | Plan | Infos légales